Crises d’angoisse sans raison : pourquoi elles surviennent et comment les gérer

Il y a deux mois, je participais à une réunion d’entrepreneurs et je me suis mis à discuter avec le photographe de la soirée. À un moment, je lui explique que je suis thérapeute spécialisé dans la libération des crises d’angoisse.

Il me regarde avec une sorte de stupéfaction et me confie qu’il est, depuis des années, sujet à des crises d’angoisse le soir. Il ne sait pas comment sortir de ce trouble anxieux et, surtout, il ne comprend pas pourquoi cela lui arrive. À un moment, il me sort cette phrase :
« Ces crises d’angoisse arrivent toujours sans raison. »

C’est fou, mais chaque personne que je croise et qui vit des crises d’angoisse me dit la même chose :
« Je fais des crises d’angoisse sans raison. »

Moi aussi, j’ai eu ces pensées pendant des années. Je croyais profondément que mes crises d’angoisse n’avaient aucune raison valable de se produire.

Croire cela est source de stress intense, car cela laisse envisager qu’il y a une part de folie dans le fait de faire des crises d’angoisse.

Vous avez sûrement cette croyance, vous aussi. Qu’est-ce que vous ressentez quand vous avez ce genre de pensées ?

Dans cet article, j’ai envie de casser cette croyance, tout simplement en vous expliquant pourquoi vous faites des crises.

La première crise d’angoisse, la plus incompréhensible

Je ne sais pas vous, mais ma première crise d’angoisse a été la plus traumatisante de ma vie. À l’époque, je ne savais même pas ce que c’était. Le mot crise d’angoisse ne faisait pas partie de mon vocabulaire. Je parle ici de crise d’angoisse, mais avec le recul, je pense avoir atteint le stade d’une véritable attaque de panique, un trouble panique brutal et déroutant.

Quand j’ai vécu cette première crise en 2001, le premier mot qui m’est venu à l’esprit, c’est « folie ».
Je n’avais, en apparence, aucune raison valable de vivre ça. Dans ma tête, la seule explication possible était un début de démence ou une forme sévère d’angoisse aiguë.

Ce qui m’a terrifié, c’est ce basculement quasi instantané de « je vais bien » à « je vis un enfer, je vais mourir ou rester bloqué à vie dans cet état de folie ». La sensation était si soudaine et si violente que mon corps entier s’est mis en alerte : rythme cardiaque accéléré, tremblements, oppression thoracique… tous les symptômes physiques d’une crise d’angoisse étaient là, et plus encore.

Je n’avais jamais ressenti un état de stress et d’anxiété aussi intense. Aujourd’hui, grâce à la méthode NERTI dont je parle régulièrement sur ce site, ces sensations physiques ont totalement disparu. Mais en écrivant ces lignes, je mesure à quel point, ce jour-là, les symptômes physiques et psychologiques m’avaient envahi.

Pourquoi une première crise d’angoisse ?

J’ai souvent remarqué un point commun entre les premières crises d’angoisse des personnes que j’ai rencontrées.
Je vais vous parler de la mienne pour vous expliquer ce que j’ai identifié.

Lorsque j’ai vécu ma première attaque de panique, deux heures plus tôt, j’étais sur la route avec des amis. Le conducteur avait une conduite dangereuse, et cette façon de conduire, combinée à d’autres facteurs, a déclenché en moi de la peur, du stress et de l’anxiété.

Puis nous sommes arrivés à une soirée, et j’ai pu me détendre. Le stress est redescendu.
Une demi-heure plus tard, alors que j’étais beaucoup plus serein, une nouvelle montée d’angoisse est apparue, accompagnée de pensées qui ont commencé à s’emballer. Pourtant, il n’y avait aucune source d’angoisse extérieure.

C’est précisément ce décalage entre un environnement sécurisant et ce que je ressentais à l’intérieur de moi qui a déclenché la crise et un changement de comportement. D’un côté, mon mental me disait : « Non mais tout va bien », et de l’autre, mes sensations physiques me criaient : « Bordel Nico, on est en danger de mort ! »

Cette dichotomie mentale — ce conflit entre ce que je pensais et ce que mon corps ressentait — a été le point de départ de mon trouble panique.

La lutte intérieure crée la crise

D’un côté, vous êtes dans un contexte plutôt apaisant, et de l’autre, votre cerveau est en état d’alerte, envahi par des pensées inquiétantes. Vous ressentez des symptômes désagréables dans votre corps — cœur qui se serre ou bat très vite, difficultés à respirer, sueurs froides… — mais vous essayez de rationaliser.

Et c’est justement cette rationalisation qui peut amplifier la crise. Car un véritable conflit interne se crée : d’un côté, la partie de vous qui se sent en danger ; de l’autre, celle qui pense qu’il faut se calmer et que « tout va bien ».

Or, dans ce face-à-face, c’est toujours la partie qui ressent le danger qui a la priorité. Et quand elle se sent profondément en danger, elle prend le contrôle.

C’est à ce moment-là que les pensées s’emballent et que la crise d’angoisse prend toute son ampleur.

Pourquoi je me sens en danger ?

Si vous vous sentez en danger, c’est que votre cerveau a identifié dans votre environnement un stimulus extérieur qu’il estime être le signe d’une menace potentielle. Sauf que, la plupart du temps, ce stimulus n’est absolument pas conscient. Avec le temps, il peut le devenir, mais la première fois, il ne l’est pas.

Pour repérer ce stimulus, votre cerveau vérifie en permanence votre environnement afin de détecter un danger éventuel. Je parle ici du cerveau reptilien, celui qui a pour mission de nous maintenir en vie.

Si vous étiez face à un tigre en pleine rue, il serait normal de vous sentir apeuré et en panique. Et il est probable que cette peur disparaisse une fois la situation terminée. Dans ce cas, vous ne chercheriez pas à rationaliser. Votre seule idée serait : « Il y a un tigre, comment je fais pour survivre ? »

Mais lorsque le danger que votre cerveau identifie n’est pas réel, vous essayez de comprendre et de vous calmer. Et c’est là que le décalage entre ressenti et réalité crée la crise.

Comment le cerveau reptilien identifie un danger

Imaginez une alarme anti-intrusion… réglée avec une sensibilité telle que la simple chute d’une feuille de papier la déclenche.
Le cerveau reptilien, c’est un peu ça : il n’a pas besoin d’une véritable menace pour paniquer. Il suffit qu’un détail, un son, une odeur, une lumière, un lieu ou même une posture corporelle ressemble — de près ou de loin — à une ancienne situation perçue comme dangereuse… et bam : l’alarme se déclenche. C’est parti pour la crise d’angoisse.

Le hic ? Il ne vous demande pas votre avis. Ce cerveau-là ne réfléchit pas : il réagit. Il compare en permanence votre environnement actuel avec ses archives de situations où il a cru mourir. Dès qu’il trouve une similitude, même minuscule, il vous fait passer en mode survie : cœur qui s’emballe, respiration qui s’accélère, bouffée de panique.

Le pire ? Souvent, vous n’avez aucune idée de ce qui a déclenché la crise, car l’élément déclencheur peut être totalement inconscient. Un détail invisible à vos yeux… mais pas à ceux de votre cerveau reptilien.

Et c’est là qu’on comprend pourquoi on peut vivre des crises d’angoisse sans raison. En réalité, il y a toujours une raison, mais elle est enfouie dans votre mémoire sensorielle, et non dans votre logique. Comme ce n’est pas le cerveau rationnel qui pilote la crise, ce ne sont pas les pensées positives ou les exercices de respiration qui peuvent vraiment l’apaiser.

Que faire dans ce genre de situations ?

Si j’ai écrit cet article, c’est pour que vous compreniez bien que vos crises d’angoisse ont toujours une raison. Si vous comprenez comment la crise fonctionne, il y a de fortes chances pour que vous arrêtiez de croire que vous êtes fou, et que vous cessiez de penser que ce que vous vivez est anormal.

Imaginons qu’un témoin s’allume en rouge sur votre voiture et vous impose un passage immédiat au garage. Votre premier réflexe sera probablement de stresser, voire de paniquer. Si je suis garagiste et que je vous explique que ce témoin sert simplement à vous prévenir qu’il faut changer vos plaquettes, mais que vous pouvez parcourir encore 2000 km en toute sécurité, vous allez vous détendre.

De la même façon, si je vous dis qu’une crise d’angoisse, c’est juste votre cerveau reptilien qui a identifié un danger — un danger dont vous n’avez pas conscience — et que le programme de votre cerveau qui déclenche l’alerte peut être supprimé, vous pourrez probablement commencer à vous détendre.

Donc, quand vous commencez à faire une crise de panique, rappelez-vous que tout est normal. Extrêmement désagréable, certes, mais normal.

Dans un deuxième temps, il sera nécessaire de travailler sur la mémoire traumatique avec NERTI pour vraiment vous libérer.

Je ne vous propose pas de solution par la relaxation ou la respiration. Pour reprendre l’analogie du garagiste, ce serait comme si je vous disais : « Vos plaquettes sont bientôt usées, essayez de freiner moins fort et de rouler doucement. » C’est une solution temporaire… et légèrement risquée.


Pourquoi ça ne sert à rien de calmer une crise d’angoisse

Calmer une crise d’angoisse, c’est pour moi comme désinfecter une plaie où se trouve une écharde, sans enlever l’écharde. Cela peut légèrement vous soulager, mais le risque, c’est que les symptômes reviennent encore plus forts.

Si vous consultez un professionnel de santé, il prescrira probablement un traitement médicamenteux pour calmer les symptômes. Mais cela ne résoudra pas le problème. La seule solution consiste à nettoyer la mémoire traumatique.

Tant que cette mémoire traumatique est présente, votre cerveau reptilien continuera à vous alerter d’un danger potentiel… qui n’existe pas. Et comme le cerveau reptilien a la priorité sur tout…

Comment se libérer des attaques de panique (ou du trouble anxieux) ?

Tout simplement en libérant la mémoire traumatique qui déclenche le signal de danger et donc la crise.

Oui, mais comment libère-t-on cette mémoire traumatique ? Sa libération, aussi étrange que cela puisse paraître, passe par le corps.

Votre corps garde en mémoire de nombreuses informations pour se protéger des dangers potentiels de la vie. C’est en revivant pleinement les sensations désagréables de votre corps, sans chercher à vous apaiser à aucun moment, que la libération peut se produire.

Prenons l’exemple d’une phobie des serpents : il suffirait que je vous confronte à un serpent pour activer la mémoire traumatique. Une fois celle-ci réveillée, des sensations apparaissent dans votre corps, et c’est en les observant attentivement que nous allons les laisser se transformer.

Pour les crises d’angoisse, c’est le même principe. Je vous fais repenser à une situation où vous étiez en crise pour activer les sensations et libérer la mémoire traumatique.

Et si, malgré notre travail ensemble, vous refaites une crise

L’avantage de ce que je vous transmets et vous apprends, c’est que vous pourrez le faire seul chez vous. Vous n’aurez pas toujours besoin d’un professionnel. Si vous consultez la partie témoignages, vous pourrez écouter Clément, qui après sa première séance a décidé de pratiquer tout seul, alors qu’il était dans un état de mal-être profond.

C’est cette possibilité de pratiquer seul entre les séances qui vous montre que, finalement, vous êtes capable de faire passer la crise par vous-même. C’est à ce moment-là que la vraie transformation a lieu : quand vous devenez autonome.

En fait, je suis votre accompagnateur pendant un temps, mais mon objectif est de vous rendre autonome.

Alors, si vous avez envie de commencer votre transformation, prenez contact avec moi.

FAQ – Crises d’angoisse sans raison

  • 1. Pourquoi je fais des crises d’angoisse sans raison ?
    Une crise d’angoisse peut survenir même lorsque tout semble aller bien. Ce n’est pas forcément lié à un danger réel, mais à un déclencheur interne, souvent inconscient, qui active une réaction de panique. La méthode NERTI permet de remonter à la source de ce déclencheur pour s’en libérer définitivement.

     

  • 2. Quels sont les symptômes physiques d’une crise d’angoisse ?
    Les symptômes incluent souvent un rythme cardiaque accéléré, des tremblements, une respiration rapide, une sensation d’oppression, des sueurs, voire des vertiges. Ces signes sont impressionnants mais pas dangereux. NERTI aide à les traverser en sécurité jusqu’à ce qu’ils disparaissent.

     

  • 3. Comment calmer une crise d’angoisse sans médicament ?
    Les techniques comme la respiration ou la méditation peuvent apaiser sur le moment, mais ne règlent pas la cause. Avec NERTI, on apprend à observer et laisser passer les sensations corporelles, ce qui élimine le problème à la racine, sans dépendre de traitements.

     

  • 4. Les crises d’angoisse sont-elles un trouble anxieux ?
    Oui, elles peuvent faire partie des troubles anxieux, comme le trouble panique ou l’anxiété généralisée. Il est important de traiter le problème de fond pour éviter que les crises se répètent. NERTI agit directement sur le mécanisme corporel déclencheur.

     

  • 5. Faut-il consulter un médecin en cas de crise d’angoisse ?
    Si c’est la première fois ou si tu as un doute sur l’origine des symptômes, il est toujours préférable de consulter pour écarter un problème médical. Si le diagnostic est bien une crise d’angoisse, un accompagnement comme NERTI est alors idéal.

     

  • 6. Peut-on guérir définitivement des crises d’angoisse ?
    Oui, à condition de traiter le réflexe corporel qui déclenche la panique. NERTI permet souvent de s’en libérer rapidement, parfois en quelques séances seulement.

     

  • 7. La méthode NERTI fonctionne-t-elle aussi pour les angoisses nocturnes ou les troubles anxieux ?
    Oui. Les crises d’angoisse nocturnes sont souvent déclenchées par des signaux internes liés aux rêves ou à un relâchement de la vigilance. NERTI agit de la même façon, en désactivant la réaction corporelle à la source.
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